Y a pas que la baigne et le soleil

S’il n’y avait que la pluie, mais ça caille aussi. Quel été pourri! Mais que fait Sarkosy? Il pourrait quand même envoyé Cécilia auprès de qui vous savez. Ce serait injuste et intolérable, me confiait l’autre jour un juilletiste sur le retour, qu’il fasse beau en août. L’égalité, face aux vacances, ça devrait être assuré au même titre que l’égalité devant les soins, l’éducation, le logement. Il est grand temps de former les touristes et les autochtones - eux aussi sont frappés par les aléas du temps - à l’impermanence du beau temps avec stages et programmes d’adaptation aux étés pourris.
Le temps, on ne peut rien faire. Inutile donc de mêler sa voix avec celles des loups - qui ne sont pas de mer - pour crier : un temps dégueulasse, comme ça, moi je ne l’accepte pas. Il y a une vie d’estivant en dehors du soleil et de la baignade. Surtout en Bretagne. On peut par exemple profiter de l’humidité de l’air à certains moments de la journée pour rester à l’intérieur. Au bistrot par exemple. On y apprend plein de choses. Entre autre l’initiation au jeu d’aluette, dit jeu de vache, pratiqué encore dans certains estaminets portuaires. C’est un spectacle inouï où les joueurs se font des signes abracadabrantesques pour indiquer à leurs partenaires les cartes qu’ils ont en main. J’ai pratiqué autrefois à Groix, Houat, Quiberon, ce jeu, importé d’Espagne. C’est d’une poilade, qu’on y joue ou qu’on y assiste.
On peut aussi se lancer dans la sculpture de sable. Le sable mouillé est idéal pour la construction d’œuvres monumentales. Particulièrement de châteaux que l’on peut situer en Espagne où normalement il fait beau. C’est sympa aussi de participer à des jeux de piste. Actuellement en Bretagne, la mode est de partir à la découverte de champs d’OGM qui se cachent dans les endroits les plus sombres de la Province.
Il est aussi reposant de regarder tout simplement la pluie tomber. C’est nostalgique une pluie qui brouille la vitre d’une petite maison de location ou d’un camping-car. Surtout s’ils sont en bord de mer. La pluie mouillant la mer était pour mon inénarrable meumée Mariange le spectacle le plus apaisant qui soit. Enfin, un temps mouillé est propice pour faire en Bretagne du ski de fond. Vous enfilez une combinaison, masque, tuba, ceinture de plomb et skis nautiques. Vous vous laissez couler sur un fond sableux. Vous tenez fermement le harnais relié à une vedette en surface. Vous envoyez des bulles pour dire que vous êtes fin prêt. Et vous glissez sur le fond. Même s’il pleut là-haut, vous vous êtes à l’abri.
Rire est un excellent moyen de prendre des vacances loupées du bon côté. Et ne pas oublier qu’en Bretagne, s’il y a une chose que les indigènes ont parfaitement bien intégré, c’est bien la partition de l’année en deux saisons : la grande saison des petites pluies et la petite saison des grandes pluies. Entre les deux, l’été peut tomber un lundi de très bonne heure.

Publié le 26 juillet 2007

 

 
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